L’espoir, mon meilleur ennemi

J’ai toujours pensé que les personnes suicidaires étaient des lâches et des égoïstes. Pour moi, choisir de laisser délibérément des personnes qui vous aiment derrière vous, comme des enfants ou un conjoint, est un acte honteux. Et je crois que j’ai compris pourquoi ces personnes en arrivent là. Elles ont perdu espoir. Car ce qui nous fait avancer, au fond, ce n’est que l’espoir de jours heureux et de réussir à atteindre nos objectifs. Si nous n’avons plus de but, pourquoi continuerait-on à avancer?

L’espoir est un formidable moteur qui permet de faire de belles choses ainsi que de réunir. Unis dans un même but, nous avançons en faisant fis des différences. Le sport est un bel exemple. Tous les Français étaient réunis derrière l’équipe de France lors de la finale de football de 1998. La politique également. Les révolutions, d’une manière générale, sont le fruit de l’espoir d’un peuple vers plus de liberté et d’égalité.

Mais l’espoir est cruel. Faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réussir ne garantit pas le succès. On peut désirer ardemment être aimé de quelqu’un, obtenir un poste plus intéressant ou tout simplement changer les choses sans pour autant y arriver. On y croit jusqu’au bout, plein d’espérance. Mais malheureusement, souvent, cela ne dépend pas de nous; d’où un sentiment de frustration immense. On a alors l’impression d’être une marionnette a qui l’on donne l’impression de faire des choix. Plus l’espoir est grand, plus la déception est terrible. Ah que je haie ce sentiment de défaite mélangé à la frustration. Il a un goût amer, on a l’impression d’avoir quelque chose de coincé au creux de la poitrine. Et digérer cet échec prend du temps. J’admire les personnes qui rebondissent sur un nouveau projet sans appesantir sur le passé. Car pour avancer, il faut défaire tout ce qui avait été construit dans son esprit en cas de victoire, puis trouver un nouvel objectif et enfin reconstruire.

Si l’espoir nous fait avancer et donc être dans l’attente de l’avenir, ne nous fait-il pas passer à côté du présent? Car à vouloir toujours plus, profitons-nous de ce que nous avons acquis? Finalement, pouvons-nous être heureux si nous espérons mieux? Trouver le juste équilibre est très difficile, surtout dans notre société de consommation où l’on nous crée des besoins tous les jours. Tout va de plus en plus vite. Les modes changent rapidement ainsi que les technologies ou encore l’information. Si nous voulons être concurrentiel, il faut être connecté et posséder les outils les plus récents. Tout ceci est une course en avant qui nous fait passer à côté de l’essentiel. Et si nous nous arrêtions quelques instants pour reprendre notre souffle?

 

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